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Service d'Urologie
HEGP & Necker
Paris XV, France
Maladie lithiasique (calculs urinaires)
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La maladie lithiasique est le terme utilisé pour décrire l’ensemble des pathologies conduisant à la formation de calculs (lithiases) dans les voies urinaires. La maladie lithiasique concerne près de 10% de la population française totale, avec une prédominance masculine et un pic de fréquence entre 30 et 50 ans.
Les calculs urinaires peuvent être révélés par une douleur lombaire aiguë, latéralisée sur le côté, irradiant vers les organes génitaux et accompagnée de vomissements.; il s’agit de la colique néphrétique dont le diagnostic doit être rapide afin de traiter efficacement les douleurs.

Cependant, tous les calculs n’entraînent pas de douleurs et peuvent être découverts suite à un saignement urinaire, une infection ou à un simple bilan biologique montrant des signes d’insuffisance rénale.

Le traitement des calculs est d’autant plus simple que le calcul est de petite taille et doit, le plus souvent, être entrepris car mal traitée, la maladie lithiasique peut conduire à la destruction des reins et à l’insuffisance rénale. Ce traitement peut être réalisé par des ondes de choc (Lithotritie Extra Corporelle), par de la chirurgie endo-urologique (par les voies naturelles) avec ou sans Laser, et par chirurgie conventionnelle ou coelioscopique.

En plus du traitement du calcul, il est nécessaire de réaliser quelques examens biologiques simples (sur une prise de sang et un recueil des urines) afin de dépister d’éventuelles maladies métaboliques favorisant la production de calcul; souvent, ce bilan montre de petites anomalies dont le traitement est aussi simple qu’efficace (vitamine D, etc.)

Questions fréquemment posées
Le traitement de la colique néphrétique est-il médical ou chirurgical ?

Le traitement de la colique néphrétique est avant tout médical pour traiter la douleur et faciliter l’élimination du calcul. Cependant, il peut être nécessaire de réaliser un traitement chirurgical par les voies naturelles qui consiste à mettre en place une petite prothèse entre le rein et la vessie pour soulager le rein en attendant que le calcul ne s’élimine ou ne soit détruit.
La prothèse s’appelle une sonde double J ; l’intervention pour la mettre en place est assez rapide et ne nécessite qu’une brève hospitalisation.

Un cas particulier : en cas de fièvre, la colique néphrétique devient une urgence chirurgicale car la mise en place de cette sonde est le seul moyen d’éviter une septicémie gravissime.

Je fais une colique néphrétique ; certains me disent de boire beaucoup et d’autres non. Qu’en est-il ?

Pendant la crise douloureuse, il ne faut pas boire ; en effet, le liquide absorbé entraîne une augmentation de la quantité d’urines, or le calcul bloque l’excrétion urinaire. Ainsi, une prise abondante de boissons au moment de la crise ne fera qu’intensifier la douleur.

La confusion vient du fait qu’une fois la crise douloureuse passée, il est nécessaire de boire pour augmenter le volume d’urines et accélérer l’élimination du calcul. De plus, cela permet également de diminuer les concentrations de certains électrolytes et de diminuer le risque de refaire un nouveau calcul.

J’ai un calcul coincé dans l’uretère et mon urologue va tenter de le retirer par urétéroscopie ; il m’a dit qu’il n’était pas sur d’y arriver et qu’il faudrait le faire en deux fois. Pourquoi ?

Le calcul est coincé dans l’uretère. Il s’agit d’un petit conduit très fin conduisant l’urine du rein jusqu’à la vessie. Faire une urétéroscopie consiste à faire monter une caméra par les voies naturelles jusqu’au calcul pour le fragmenter et le retirer. Malheureusement, l’uretère est parfois trop fin pour que les instruments parviennent jusqu’au calcul, surtout si ce dernier est haut situé (plus près du rein que de la vessie). Il est alors nécessaire de placer une petite sonde (double J) dans l’uretère pendant une ou deux semaines afin de le dilater. Ensuite, l’introduction des instruments sera le plus souvent possible.


Mon urologue m’a parlé de faire de la chirurgie percutanée ; qu’est-ce ?

Lorsque le calcul est coincé dans le rein et qu’il est trop gros pour envisager une lithotritie extra-corporelle ou une urétéroscopie par les voies naturelles, il faut le retirer par une autre voie chirurgicale. La chirurgie percutanée consiste à réaliser, sous anesthésie générale, une ponction du rein dans le dos, puis de dilater le trajet pour introduire des instruments et détruire le calcul. La procédure dure entre 30 minutes et deux heures et nécessite une hospitalisation de plusieurs jours.

J’ai un calcul mais mon urologue m’a dit que l’on ne pouvait pas toujours faire de la Lithotritie extra corporelle (LEC). Pourquoi ?

Pour faire de la LEC, il faut que le calcul soit bien visible et qu’il ne soit pas trop gros. Certains endroits de l’uretère ne sont pas parfaitement accessibles (les ondes ne diffusent pas bien) ce qui est responsable d’un échec du traitement : le calcul ne casse pas. Parfois, c’est la composition même du calcul qui le rend particulièrement solide et difficile à casser par des ondes externes.
Il est alors nécessaire d’envisager un traitement chirurgical, le plus souvent par les voies naturelles (endo-urologie).

Le saviez-vous ?
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C'est Jean Civiale, Chef de Service à l'hôpital Necker, qui inventa la lithotritie. Il présenta ses travaux en 1823 à l'Académie de Médecine (Paris).
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Urétéroscopie et extraction de calcul (Association Française d'Urologie)
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La Lithotritie extra-corporelle: animation flash éditée par l'Association Française d'Urologie
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