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Service d'Urologie
HEGP & Necker
Paris XV, France
Le Cancer du Rein
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Le cancer du rein est une tumeur maligne développée à partir du tissu rénal qui représente 3% de l’ensemble des cancers. Son incidence est en constante augmentation dans les pays industrialisés.
La surcharge pondérale, l’hypertension artérielle et l’intoxication tabagique en sont les principaux facteurs de risque.

Le diagnostic de cancer du rein est le plus souvent fortuit; parfois, il se révèle suite à des douleurs lombaires ou du sang dans les urines mais ces symptômes, peu spécifiques, se rencontrent aussi dans de nombreuses pathologies bénignes.
L’âge moyen au moment du diagnostic est de 62 ans.

Le traitement du cancer du rein est le plus souvent chirurgical; l’intervention consiste à retirer l’ensemble du rein ou seulement la tumeur (en fonction de sa taille et de sa localisation).
La chirurgie partielle du rein consiste ainsi à préserver au mieux le parenchyme rénal sain; cette technique, pratiquée à Necker depuis le début des années 1980, est depuis 2004 le traitement de référence des petites tumeurs rénales.

La chirurgie rénale peut être réalisée le plus souvent par coelioscopie, c’est à dire en introduisant les instruments par des petites incisions sous le contrôle d’une caméra vidéo intra-corporelle. Dans certains cas, il est nécessaire de pratiquer une incision abdominale ou lombaire.

Il s’agit dans tous les cas d’une chirurgie d’un haut niveau de technicité, pratiquée par des opérateurs entraînés.

Questions fréquemment posées
Mon urologue me demande de réaliser un examen radiologique (Scanner, IRM) alors que j’en ai déjà réalisé plusieurs. Pourquoi ?

Le rein est un organe complexe ; pour faire le diagnostic de tumeur rénale, et pour pouvoir définir une stratégie thérapeutique (exérèse complète ou partielle du rein ), il est nécessaire d’avoir une cartographie précise des lésions et de l’anatomie du rein.

Or il existe différents types de scanner : avec ou sans injection de produit de contraste (produit permettant de «colorer » certaines structures), scanner centré sur l’appareil digestif ou au contraire sur le rein, scanner dit précoce montrant les artères, scanner dit tardif montrant l’élimination de l’urine,etc.

Ainsi, il est possible que vous ayez déjà subi un scanner montrant la tumeur dans le rein, mais l’examen réalisé ne montre pas le trajet de l’artère qui vascularise le rein ou la disposition des calices (qui recueillent l’urine dans le rein). Or ces informations sont capitales avant d’envisager l’intervention chirurgicale.

De même, il existe parfois des lésions de petite taille dans le rein et l’urologue a besoin de différents examens (échographie, scanner ou IRM) pour mieux les caractériser.


Quelle est la différence entre un kyste du rein et une tumeur rénale ?

Un kyste du rein est une lésion arrondie dont le contenu est purement liquidien ; cela ressemble un peu à une vésicule. On retrouve des kystes simples chez près de 40% de la population et ce sont des lésions bénignes.

Une tumeur est une lésion dont le contenu est tissulaire et non liquidien.

Bien sûr, la dichotomie n’est pas aussi claire dans la réalité et il existe certains kystes dits atypiques contenant un peu de tissu, tout comme il existe certaines tumeurs kystiques contenant un peu de liquide. C’est la raison pour laquelle, encore une fois, plusieurs examens d’imagerie peuvent parfois être nécessaires pour obtenir le maximum de détails.

Existe-t-il des tumeurs bénignes du rein ?

Oui ; il existe des lésions tissulaires qui peuvent être bénignes. Celles-ci sont assez rares (7 à 10% des tumeurs rénales) ; la réalisation d’un scanner très fin, d’une IRM et/ou d’une échographie par un radiologue entraîné permet de dépister ces lésions et de faire parfois le diagnostic de tumeur bénigne. Toutefois, une lésion de grande taille, en dehors de certains cas particuliers, demande souvent un traitement chirurgical même si l’on suspecte une tumeur bénigne.


Existe-t-il des formes héréditaires de cancer du rein ?

Oui ; il existe des formes héréditaires de tumeurs du rein. La forme la plus fréquente est la maladie de Von Hippel Lindau. C’est une maladie rare (un nouveau cas pour 36000 naissances) qui atteint le rein, mais aussi le système nerveux central, la rétine, les glandes surrénales et le pancréas. Les formes familiales sont systématiquement recherchées lorsque l’on diagnostique une tumeur rénale avant l’âge de 45 ans. Au delà, le risque devient exceptionnel.


Mon urologue va m’opérer par coelioscopie ; quel est l’intérêt ? Vais-je avoir des cicatrices ?

Avant tout, il est important de comprendre que l’intervention est la même, que la voie d’abord soit coelioscopique ou classique.
La coelioscopie consiste à pratiquer une incision de 15mm pour introduire une caméra dans l’abdomen puis de petites incisions de 5 à 10mm pour introduire des instruments permettant de réaliser l’intervention. Bien sûr, il sera nécessaire de réaliser une petite incision pour retirer le rein ou la tumeur, mais cette incision sera au niveau du maillot et de petite taille. A cet endroit, la cicatrice pose peu de problème esthétique et n’est que très peu douloureuse.

L’intérêt de la coelioscopie est considérable pour la chirurgie rénale ; en effet, lorsque l’on pratique une incision classique, celle ci est haut situé sur l’abdomen ou un peu sur le côté. Elle est d’assez grande taille et, pour pouvoir voir le rein qui est un organe profond, le chirurgien est obligé d’installer des écarteurs qui tirent sur la paroi musculaire, sur les côtes et sur l’enveloppe des poumons. Ceci explique pourquoi les suites opératoires après chirurgie conventionnelle sont marquées par des douleurs plus importantes et parfois des petits problèmes respiratoires.

En outre, le fait de réaliser la chirurgie avec des instruments de petite taille conduit à des saignements moins importants et un risque de transfusion plus faible qu’en cas de chirurgie conventionnelle.

En moyenne, lorsque l’on réalise une ablation du rein, les patients sortent au septième jour post-opératoire en cas d’incision classique alors que la coelioscopie permet de les faire sortir au bout du troisième ou quatrième jour. La reprise de l’activité, du travail et du sport sera également beaucoup plus rapide en cas d’intervention par coelioscopie.

Toutefois, il faut savoir que toutes les interventions ne sont pas toujours réalisables par coelioscopie (en particulier pour la chirurgie partielle du rein) ; le risque de conversion (c’est à dire d’arrêter la coelioscopie pour poursuivre l’intervention par une incision classique) est réel et correspond à une sécurité pour le patient lorsqu’elle est décidée pendant l’intervention.

Qu’est ce que la radiofréquence ?

La radiofréquence est une technique nouvelle en cours d’évaluation pour le traitement du cancer du rein. Elle consiste à ponctionner la tumeur à travers la peau (sous anesthésie locale) et à appliquer un courant de radiofréquence pour « brûler » l’ensemble des cellules tumorales.
Le geste est pratiqué sous contrôle radiologique et autorise une sortie du patient dès le lendemain de la procédure.
Son efficacité pour traiter le cancer est probablement inférieure à la chirurgie et c’est la raison pour laquelle elle est réservée aux petites tumeurs chez des patients pour lesquels l’intervention chirurgicale classique ou coelioscopique est contre-indiquée.
Une étude est en cours à l’hôpital Necker pour évaluer les résultats de la radiofréquence ; Necker est en effet le premier centre français avec plus de 150 patients traités par radiofréquence à ce jour (Juin 2008). Seuls une dizaine de centres en France ont accès à cette technologie pour traiter les tumeurs du rein.

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xiste-t-il un traitement par radiothérapie ou par chimiothérapie ?

Non ; la radiothérapie ne permet pas de traiter le cancer du rein. Certaines chimiothérapies ont permis d’obtenir de maigres résultats pour certains cancers du rein mais cela reste exceptionnel. Ainsi, le traitement du cancer repose avant tout sur l’exérèse chirurgicale de celui-ci.


Existe-t-il un traitement pour les métastases ?

En cas de métastases, jusqu’à récemment, le seul traitement était là encore chirurgical. Le mécanisme des métastases n’est pas parfaitement connu et l’on a observé des cas de diminution des métastases lorsque l’on opérait pour retirer la tumeur rénale.
Depuis 4 ans, de nombreuses molécules appelées anti-angiogéniques existent ; ces molécules ont totalement modifié le pronostic du cancer du rein métastatique et constituent, actuellement, un des plus grands centres d’intérêts de l’industrie pharmaceutique.

"Mini-Invasive"
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Une nouvelle ère chirurgicale vient de commencer: celle de la chirurgie mini-invasive, c’est à dire une chirurgie la moins traumatisante possible.

Faire de la chirurgie mini-invasive, cela signifie moins de douleurs, des temps d’hospitalisation plus courts, une reprise d’activité plus précoce.
Cela signifie aussi moins de complications, moins d’infections.

Tout ceci est désormais possible grâce à l’application de nouvelles technologies dans le domaine de l’urologie : coelioscopie, chirurgie endo-urologique avec laser, robotique, etc.

Le service d’Urologie HEGP-Necker est doté de moyens considérables propres aux grands hôpitaux de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Le renouvellement récent de l’ensemble de nos équipements chirurgicaux nous permet de disposer des matériels les plus modernes et les plus efficaces au sein d’une structure publique.

Le service d’Urologie HEGP-Necker est au premier plan européen dans la prise en charge des cancers du rein, des maladies rénales et de la transplantation rénale.
Bonjour Docteur
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Symptomes et circonstances de découverte d'une tumeur du rein: interview du Pr Méjean par Michel Cymès
Bonjour Docteur
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Cancer du rein: quelques alternatives à la chirurgie dans des situations précises et des cas limités.
Facteurs de Risque
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Les facteurs de risque identifiés des formes sporadiques de cancer du rein sont les suivants:
- Tabac
- Obésité
- Hypertension artérielle

Il n'est jamais trop tard pour modifier ses habitudes alimentaires ou débuter un sevrage tabagique ! 
L'association ARTUR
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A.R.Tu.R (Association pour la Recherche sur les Tumeurs du Rein) est une association Loi 1901 créée en 2005 par Arnaud Méjean, urologue, Bernard Escudier, cancérologue et Michel Gravé, avocat, pour soutenir et développer la recherche sur les tumeurs du rein et leur prise en charge clinique, mais aussi pour améliorer l’information des patients et de leur famille.
Cliquez sur l'icône pour vous rendre sur le site de cette association et découvrir l'importance que revêt, à nos yeux, l'information du patient et sa compréhension de la maladie.
Fiches Informations
Fiche d'information (AFU) pour l'intervention de Néphrectomie totale
Fiche d'information (AFU) pour l'intervention de Néphrectomie Partielle
coelioscopie.pdf (82,48 Ko)
Fiche Coelioscopie
Education
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En cliquant sur l'image, vous pouvez découvrir l'animation à visée éducative réalisée par l'Association Française d'Urologie, expliquant en détail l'intervention de néphrectomie élargie pour cancer du rein.
Il est important de noter que l'équipe du Service d'Urologie HEGP-Necker a été pionnière en matière de chirurgie conservatrice du rein. Ainsi, notre objectif est de proposer, chaque fois que cela est techniquement possible et carcinologiquement raisonnable, une chirurgie partielle, permettant de préserver au mieux la partie du rein restant en place.
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Nomogrammes
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Les nomogrammes sont des outils graphiques de calculs utilisés en statistiques. Par extension, ce terme est employé pour calculer le pronostique des patients atteints d'un cancer en fonction de plusieurs variables (type de la tumeur, âge, état général, etc..)
Le lien suivant vous permet d'accéder à l'outil pronostique dans le cancer du rein (site du Memorial Sloan Kattering Cancer Center, NY, USA).

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Pr Timsit, HEGP, Paris Juin 2010©