Français
Service d'Urologie
HEGP & Necker
Paris XV, France
Hypertrophie bénigne
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L’adénome de prostate est une pathologie excessivement fréquente correspondant à une augmentation de volume de la prostate. Il s’agit d’une hyperplasie bénigne sans aucun rapport avec la maladie cancéreuse de la prostate.

Les signes révélateurs de l’adénome de prostate sont des symptômes :
d’obstruction urinaire : efforts de poussée pour uriner, pauses, lenteur, faiblesse du jet, retard à l’émission des urines...
d’irritation de la vessie : envies fréquentes d’uriner, levers nocturnes....

Le principal risque de l’adénome est de se retrouver un jour complètement bloqué pour uriner, ce qui nécessite la pose d’une sonde vésicale pour vider la vessie en urgence. Mais il faut savoir, qu’en dehors de ce problème aigu, un adénome de prostate mal soigné peut conduire à des lésions plus ou moins irréversibles de la vessie et des reins.

Le traitement de l’adénome de prostate repose dans un premier temps sur des médicaments et des dérivés de plantes permettant le relâchement des fibres musculaires de l’urèthre et améliorant le confort mictionnel er la vidange vésicale.
Lorsque les médicaments ne suffisent plus, il est nécessaire d’envisager une intervention chirurgicale qui peut se faire soit par les voies naturelles, soit par une petite incision abdominale. Le choix de l’incision ou du traitement endo-urologique est lié à la taille de l’adénome puisque les gros adénomes (> 60g) sont difficiles à retirer en totalité par les voies naturelles.

Questions fréquemment posées
Mon urologue n'est pas certain de traiter mon adénome par les voies naturelles (voie endoscopique) et m'a annoncé qu'il se réservait le droit de réaliser une chirurgie par voie abdominale en cas de besoin. Est-ce normal ?

Oui. Le traitement par voie endoscopique n'est pas toujours réalisable (prostate de gros volume, rétrecissement serré de l'urèthre,etc.). Le bilan pré-opératoire, clinique et radiologique, permet souvent de prévoir la voie d'abord (endoscopie vs voie haute). Toutefois, dans certains cas limites, il est légitime de tenter une voie endoscopique, puis de décider rapidement une voie haute si le volume prostatique est plus important que prévu. Il s'agit d'une pratique courante, parfaitement "normale".

Quelle est la source énergétique utilisée pour la résection endoscopique ? On m'a parlé de Laser, de chaleur...

Il existe de nombreuses sources énergétiques permettant de traiter l'hypertrophie prostatique par les voies naturelles. La plus fréquemment employée est l'électricité (anse mono ou bi-polaire) par analogie avec le bistouri électrique utilisé par tous les chirurgiens.
Plus récemment, d'autres techniques ont été utilisées. Les deux plus prometteuses (car en évaluation dans le cadre d'un STIC) sont le laser Holmium et KTP argon. Dans ce dernier cas, la prostate n'est pas retirée, mais vaporisée, apportant un avantage en terme de saignement mais ne permettant pas l'analyse histologique (microscope) des fragments retirés.

Lorsque je suis traité pour un "adénome de prostate"; comment savoir si je ne présente pas également un cancer de prostate ?

Effectivement, cancer et adénome sont deux choses différentes mais le fait d'avoir une hypertrophie bénigne de prostate (adénome) ne protège pas du risque de cancer ! Le bilan pré-opératoire (toucher rectal, dosage PSA, imagerie) permet, par un faisceau d'argument, d'estimer si le risque de cancer de prostate est négligeable pour un patient. Toutefois, le tissu prostatique retiré, que cela soit par voie haute ou par voie endoscopique, est toujours adressé en anatomopathologie pour vérifier, au microscope et avec des techniques immuohistochimiques, l'absence de cellules cancéreuses.

Un de mes amis vient de se faire opérer d'un adénome de prostate et souffre d'incontinence. Est-ce une erreur médicale ?

Certainement pas. Le principe même du traitement chirurgical de l'adénome de prostate est de préserver l'appareil sphinctérien, ce qui ne pose aucune difficulté technique. Toutefois, il est fréquent que les patients présentent un ensemble vésico-sphinctérien très altéré, par des années d'obstruction mal traitées et des efforts prolongés pour uriner. La vessie et le sphincter ayant souffert, il est alors fréquent que le fait de retirer l'obstacle perturbe momentanément l'équilibre entre la vessie et le sphincter, et entraine des fuites urinaires à l'effort ou par impériosités (envies fréquentes). Ainsi, les problèmes de continence peuvent être présents initialement mais masqués par l'obstruction. 
Ces troubles de la continence, exceptionnellement permanents, peuvent nécessiter une rééducation périnéale par un kinésithérapeute spécialisé avec d'excellents résultats fonctionnels.
Fiches opérations
avh.pdf (140,7 Ko)
Adénomectomie voie haute
rtup.pdf (140,35 Ko)
Résection endoscopique
Film voie haute
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Cliquez sur l'image pour voie un film d'animation sur l'adénomectomie par voie haute, édité par l'Association Française d'Urologie.
Résection endoscopique
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Cliquez sur l'image pour visualiser un film d'animation expliquant la résection endoscopique de prostate (éditeur : Association Française d'Urologie).
Taille vésicale
L’hypertrophie de prostate, obstruant l’urèthre, peut être responsable de la formation de calculs dans la vessie. L’intervention dite de la taille vésicale, probablement la plus ancienne des interventions urologiques, consistait à retirer les calculs en incisant sur le périnée, en regard d’une fistule cutanée fréquemment retrouvée. Compte tenu de sa dangerosité, Hippocrate en interdit l’exercice par des médecins dans son serment.
Si les techniques ont bien évoluées, l’expression « taille vésicale » est de nos jours couramment employée pour désigner toute intervention chirurgicale nécessitant une ouverture de la vessie, désormais par voie abdominale

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Pr Timsit, HEGP, Paris Juin 2010©