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Service d'Urologie
HEGP & Necker
Paris XV, France
Cancer de Vessie
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Le cancer de vessie est, de part sa fréquence, au sixième rang des cancers en France; cela correspond à environ 10000 nouveaux cas par an et concerne environ 4 hommes pour une femme. L’âge moyen de découverte est d’environ 64 ans.
Les principaux facteurs favorisant cette maladie sont le tabac et certaines substances chimiques (dérivés des amines aromatiques, dérivés hydroxylés halogénés figurant au tableau des maladies professionnelles, etc.).

On distingue souvent les tumeurs superficielles (communément appelées polypes) et les tumeurs infiltrantes. Contrairement à certains organes où les polypes sont des lésions bénignes, les polypes de vessie sont presque toujours composés de cellules dysplasiques (c’est à dire cancéreuses). Cependant, dans les formes superficielles, le traitement consiste à retirer les lésions par les voies naturelles au cours d’une hospitalisation de quelques jours alors que dans les formes inifltrantes, il est nécessaire de retirer la vessie par une intervention chirurgicale assez lourde.

Il est important de comprendre qu’il n’existe pas de frontière entre les formes superficielles et les formes infiltrantes; ainsi, une forme superficielle peut dégénérer en forme infiltrante ce qui explique pourquoi tout polype de vessie doit être retiré en totalité.

Lorsque l'ablation de toute la vessie est nécessaire, se pose alors le problème du remplacement de la vessie, ou de la dérivation des urines; ce vaste sujet est souvent abordé lors d'une consultation dédiée et accompagné d'une stomathérapeute.

Questions fréquemment posées
J’ai subi une résection de polype de vessie il y a quelques jours ; pourtant, j’ai encore du sang dans les urines et j’ai quelques douleurs en urinant. Est-ce normal ?

Cela est parfaitement normal ; une résection endoscopique emporte un bout de vessie. Il faut alors plusieurs jours pour que celle ci cicatrise parfaitement. D’ailleurs, certaines zones que le chirurgien a coagulé pendant la procédure peuvent se remettre à saigner modérément 10 à 15 jours après la procédure (un peu comme une « croûte » que l’on retire sur une petite blessure cutanée). Cela s’appelle la chute d’escarres.
Dans tous les cas, il suffit souvent de bien boire pour que l’urine s’éclaircisse et que le problème soit réglé.

En cas de persistance des signes, il peut s’agir d’une infection urinaire ; habituellement, votre chirurgien vous a donné une ordonnance pour faire une analyse bactériologique des urines 1 à 4 semaines après l’intervention.

J’ai une tumeur superficielle de vessie ; mon urologue m’a parlé de faire des instillations. Pourquoi ?

Lorsque l’on retire une tumeur superficielle de vessie, quelques cellules (à l’échelle microscopique) se retrouvent en suspension dans la vessie ou persistent plus en profondeur dans la vessie. Pour éviter que ces cellules ne soient responsables d’une récidive précoce d’un autre polype, il faut, dans certains cas, réaliser des instillations de produits dans la vessie pour soit détruire ces cellules, soit stimuler les défenses immunitaires et la réaction inflammatoire dans la vessie.
Il existe plusieurs possibilités en fonction de l’analyse du polype ; ainsi, cela peut aller d’une simple instillation le jour même de la procédure, à un programme d’instillations hebdomadaires.
Chaque instillation nécessite la pose d’une petite sone urinaire pour injecter le produit dans la vessie ; il faut laisser le produit agir environ 2 heures avant de l’éliminer en urinant.


Je dois subir une ablation de la vessie pour cancer ; comment le chirurgien peut-il remplacer ma vessie ?

Les possibilités de remplacement de la vessie sont conditionnées par la maladie elle-même, son étendue et l’atteinte ou non de l’urèthre. Ainsi, il est le plus souvent possible de confectionner une néo-vessie en utilisant 40 à 60 cm d’intestin grêle. Cela permet d’uriner par les voies naturelles, et, dans la plupart des cas, la continence est très satisfaisante. La nouvelle poche produit cependant un peu de mucus et il est nécessaire de boire régulièrement et de surveiller la fonction des reins par des prises de sang et échographies annuelles.
Dans d’autres cas, il peut être nécessaire de confectionner une poche étanche à partir d’intestin grêle ou de côlon mais que l’on ne peut rebrancher en continuité sur les voies naturelles ; le patient doit alors la vider en se sondant 3 à 6 fois par jour par un petit orifice au niveau de la paroi de l’abdomen.
Enfin, dans d’autres cas il n’est pas possible de réaliser une dérivation continente ; l’urines est alors collectée par un orifice cutané, au niveau de la paroi de l’abdomen, dans une poche en plastique collée sur su support. Cette poche peut parfaitement être dissimulée sous des vêtements, même légers, et l’appareillage est très simple et facile à manipuler en particulier pour les personnes âgées, mais nécessite d’être vidée régulièrement.

Les possibilité de remplacement ou de dérivation sont nombreuses ; votre chirurgien discutera avec vous de la technique la plus adaptée à votre maladie et à votre cas.

FIches patients
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Résection d'une tumeur superficielle de vessie
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Cystectomie totale
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